Maraude citoyenne – Paris : Le métro ce lieu qui nous pousse à l’indifférence glaciale

Maraude citoyenne – Paris : Le métro ce lieu qui nous pousse à l’indifférence glaciale

Il vient un temps où protester ne suffit plus ;
Après la philosophie, il faut l’action

Face à l’indifférence croissante de notre société et face à un monde qui se dit désillusionné, nous avons décidé d’agir. La citoyenneté, c’est avant tout veiller les uns sur les autre, car nous appartenons toutes et tous à la même communauté.

Ensemble, en tant que citoyens, les membres de Jeunesse S’engage vont à la rencontre des plus démunis, dans les rues de la ville.

En proposant une boisson chaude, de la nourriture, des vêtements, des produits hygiéniques, mais aussi des adresses utiles et de la chaleur humaine ; en renouant la chaîne de la solidarité entre humains, modestement, nous voulons éveiller les consciences, et agir concrètement en aidant du mieux possible.

L’objectif premier est de venir en aide concrètement. Nous apportons café, thé, soupe chaude, sandwichs, pizzas : l’idée, c’est que chacune et chacun apporte un petit quelque chose, participe à la hauteur de ses moyens, ou quelque chose qu’il aura fait lui-même. Mais nous distribuons aussi des produits d’hygiène, des vêtements, des cartes avec des lieux utiles. Nous essayons surtout d’écouter, de parler, de rire : nous appelons ça la solidarité effective. Chacun apporte un peu de ce qu’il a et de ce qu’il est, et nous ne demandons à personne de financer nos actions.

Le second objectif, lié intimement au premier, est de consigner ce que nous faisons et les gens que nous aidons – très modestement : ainsi, nous réfléchissons, au sein de L’École des Savoirs, au pourquoi du regain énorme de la pauvreté extrême en France ; et nous y apportons des propositions globales. Le but est également de créer et de mettre en place des processus permettant à des personnes, rencontrées dans nos rues, d’en sortir.


Car la citoyenneté, c’est avant tout veiller sur les autres, nous agissons de façon régulière chaque semaine, non pas par l’assistanat, mais par l’entraide et la solidarité.

Le métro ce lieu froid où se concentrent les riverains,
où chaque individu se confond parmi la foule.
Où les mendiants sont si nombreux, qu’ils font partie de cette routine quotidienne qui nous pousse tout doucement vers l’indifférence.
Où les publicités sont toujours plus alléchantes.
Nous devenons habitués à cette précarité et ne voyons plus l’étrangeté de cette réalité.

 

TÉMOIGNAGE DE MARAUDEUR

 

Au mois de décembre, le métro reste l’endroit privilégié pour les sans domiciles fixes qui se protègent tant bien que mal du froid dans les sous-sols parisiens. C’est là que nous les avons rencontré pour un échange de nourriture et de quelques mots…

 

«  Je suis un gitan. Un vrai ! Devine d’où je viens… tu ne vois pas ? Mais de Barcelone enfin ! » S’exclame fièrement Kévin un jeune de 21 ans, sdf.

C’est en connaissant les objectifs de la maraude et en souhaitant participer à ce vaste projet que je suis venue à cette maraude.

Mais l’action prend alors encore plus de sens au fur et à mesure que nous rencontrons tous ces hommes et femmes avec toute leur dignité, et leur passé. Cette dignité qu’ils perdent aux yeux de la société, je l’ai notamment retrouvé en échangeant avec ce jeune gitan, si fier de ses racines et de lui-même, et en même temps si lucide face à sa propre situation, précaire et marginalisée.

Je l’ai également trouvée chez certains, qui, pourtant affamés, refusaient la nourriture que nous leur tendions si elle n’était pas conforme à leurs mœurs et religion. J’ai vu alors une force que l’on observe dans l’honneur et dans le pouvoir de choisir ce que l’on veut pour soi.

 

« J’ai la santé, et si j’ai la santé je suis fait pour vivre ! » nous dit joyeusement un antillais de 59 ans, sdf.

Face à la solitude extrême dans laquelle la plupart se trouve, le désespoir prend souvent le dessus. Les psychologues et médecins des hôpitaux n’étant pas toujours disponibles, les assistants sociaux parfois délaissés… quand le temps passe et que les chances de s’en sortir semblent diminuer, beaucoup se fondent une philosophie basée sur l’espoir et l’optimisme qu’ils répandent avec énergie autour d’eux.

Cette solitude se remarque également dans les histoires que chacun raconte, une envie insatiable de parler, d’avoir une oreille, une écoute et un véritable échange, eux qui ont pour habitude de ne pas toujours être considéré.

 

« Je travaille toute la journée en vendant des châtaignes en haut, et je redescend ici le soir pour me reposer, dormir un peu. » nous explique Raoul, un indien de New Delhi, exténué.

Nous l’oublions trop souvent, mais la rue est également peuplée de gens qui travaillent et qui tentent avec courage de ne pas dépendre du don des autres.

Ces maraudes m’ont donc permis une extrospection sur la rue et un monde que l’on voit de près mais que l’on regarde toujours de loin, mais aussi et surtout une introspection, qui forme le fondement de toute humanité.

Roxanne D.

Distribution : 

Vêtements et produits hygiéniques  : chaussettes, couvertures chaudes, parkas, pulls, pansements, désinfectant, serviettes hygiéniques, savons.
Nourritures : sandwichs, gâteaux, du thé, de la bonne soupe chaude, tarte au fromage, boites de conserve…
Informations utiles : Plan, services sociaux et structures d’hébergement d’urgence.

L’équipe de Jeunesse S’engage : Lina, Roxanne, Olivier

Pour les dons de vêtements, nous remercions chaleureusement Ludovic, Perrine, Séverine, Nora, Sylvie, Erwan, Mathilde, Émilie, Farid, Sandrine, Élisabeth, Dominique, Nafissa, Marie, Guillaume.

Pour les dons de produits hygiéniques, nous remercions chaleureusement tous les généreux donateurs qui, par leur contribution lors de notre collecte du 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des Femmes, témoignent d’une solidarité concrète.

Résolument, semaine après semaine nous agissons, car nous disons qu’« après la philosophie, il faut l’Action »

Pour aller plus loin :

En savoir plus

Personnes à contacter
Responsables Maraude citoyenne Paris
 Olivier – 06 19 46 20 91 – olivier.saunier@jeunessesengage.fr

 

La maraude citoyenne

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