Maraude citoyenne – [Paris] : Quand la messagerie du 115 vous prie de rappeler plus tard

Maraude citoyenne – [Paris] : Quand la messagerie du 115 vous prie de rappeler plus tard

Il vient un temps où protester ne suffit plus ;
Après la philosophie, il faut l’action

Face à l’indifférence croissante de notre société et face à un monde qui se dit désillusionné, nous avons décidé d’agir. La citoyenneté, c’est avant tout veiller les uns sur les autre, car nous appartenons toutes et tous à la même communauté.

Ensemble, en tant que citoyens, les membres de Jeunesse S’engage vont à la rencontre des plus démunis, dans les rues de la ville.

En proposant une boisson chaude, de la nourriture, des vêtements, des produits hygiéniques, mais aussi des adresses utiles et de la chaleur humaine ; en renouant la chaîne de la solidarité entre humains, modestement, nous voulons éveiller les consciences, et agir concrètement en aidant du mieux possible.

L’objectif premier est de venir en aide concrètement. Nous apportons café, thé, soupe chaude, sandwichs, pizzas : l’idée, c’est que chacune et chacun apporte un petit quelque chose, participe à la hauteur de ses moyens, ou quelque chose qu’il aura fait lui-même. Mais nous distribuons aussi des produits d’hygiène, des vêtements, des cartes avec des lieux utiles. Nous essayons surtout d’écouter, de parler, de rire : nous appelons ça la solidarité effective. Chacun apporte un peu de ce qu’il a et de ce qu’il est, et nous ne demandons à personne de financer nos actions.

Le second objectif, lié intimement au premier, est de consigner ce que nous faisons et les gens que nous aidons – très modestement : ainsi, nous réfléchissons, au sein de L’École des Savoirs, au pourquoi du regain énorme de la pauvreté extrême en France ; et nous y apportons des propositions globales. Le but est également de créer et de mettre en place des processus permettant à des personnes, rencontrées dans nos rues, d’en sortir.


Car la citoyenneté, c’est avant tout veiller sur les autres, nous agissons de façon régulière chaque semaine, non pas par l’assistanat, mais par l’entraide et la solidarité.

Mercredi c’était la première maraude de 2017, c’était aussi la semaine la plus froide depuis plusieurs années. Un plan grand froid a été déployé par la mairie de Paris pour ouvrir des dortoirs supplémentaires dans des gymnases.

 

En décidant d’aller faire un tour à Chatelet nous ne pensions pas voir du monde dehors car il faisait très froid ce soir là, nous espérions que personne n’avait prévu de dormir dehors cette nuit avec une température atteignant les – 8° . Nous avions prévu de poursuivre notre action dans le métro mais ce n’était pas sans prévoir le nombre de personne prêt à dormir sur le trottoir ce mercredi soir.

 

Nous rencontrons Hicham personne à mobilité réduite, il vient de se faire refouler d’un centre d’hébergement en raison d’un papier manquant, en effet il s’est fait voler toutes ses affaires il y a peu, cela arrive régulièrement dans la rue, il ne peut donc pas justifier de sa situation. Il a travaillé toute sa vie jusqu’à ce qu’un grave problème de santé lui en empêche, s’en suit un divorce et la perte de garde des enfants, c’est ce que l’on appelle la descente infernale.

 

Il a les mains tremblantes de froid, nous lui proposons une soupe et un café et des vêtements chauds, le froid et la faim ronge le corps humain.

Nous entamons alors la discussion.

 

Nous : Qu’est ce que tu as prévu pour ce soir ?

Hicham : Je ne sais pas, je n’ai plus rien, je me suis fait volé

Nous : Tu ne peux pas rester ici ce soir, il fait trop froid.

Hicham : Vous n’avez pas de possibilité de logement ?

Nous : Non, malheureusement. Nous pouvons essayer le 115 si tu veux.

Hicham : Oui, je veux bien.

 

Nous prenons alors notre téléphone en espérant avoir quelqu’un au bout du fil.

 

Il est 19h15.

 

Le 115 : « Toutes nos lignes sont occupées, nous vous prions de bien vouloir rappeler ultérieurement. »

 

C’est à ce moment là que tu ressens cette frustration et se désarroi extrême. Nous sommes petits face à cette énorme machine glaciale qui te prie de bien vouloir patienter dehors à – 8°. En rappelant trois fois, on reprend trois fois la fois la même gifle, pas celle de Manuel Valls mais une vraie qui te retourne la tête.

 

Hicham reprendra 3 soupes et partira à la recherche d’une place de parking en sous sol, mais pas pour sa voiture.

 

Comme Hicham nous rencontrerons des dizaines de personnes ce soir là qui dormirons dehors.

 

Au bout d’1h30 de maraude, nous sommes frigorifiés, nous comprenons alors pourquoi l’espérance de vie d’un sdf est de 48 ans.

Distribution : 

Vêtements et produits hygiéniques  : chaussettes, couvertures chaudes, parkas, pulls, pansements, désinfectant, serviettes hygiéniques, savons.
Nourritures : sandwichs, gâteaux, café, thé, de la bonne soupe chaude, tarte au fromage, boites de conserve…
Informations utiles : Plan, services sociaux et structures d’hébergement d’urgence.

L’équipe de Jeunesse S’engage : Julia, Louise, Kostis, Olivier

Pour les dons de vêtements, nous remercions chaleureusement Ludovic, Perrine, Séverine, Nora, Sylvie, Erwan, Mathilde, Émilie, Farid, Sandrine, Élisabeth, Dominique, Nafissa, Marie, Guillaume.

Pour les dons de produits hygiéniques, nous remercions chaleureusement tous les généreux donateurs qui, par leur contribution lors de notre collecte du 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des Femmes, témoignent d’une solidarité concrète.

Résolument, semaine après semaine nous agissons, car nous disons qu’« après la philosophie, il faut l’Action »

Pour aller plus loin :

En savoir plus

Personnes à contacter
Responsables Maraude citoyenne Paris
 Olivier – 06 19 46 20 91 – olivier.saunier@jeunessesengage.fr

 

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