Maraude citoyenne – [Paris] : Quand les sans-abris cherchent le bien commun

Maraude citoyenne – [Paris] : Quand les sans-abris cherchent le bien commun

Il vient un temps où protester ne suffit plus ;
Après la philosophie, il faut l’action

Face à l’indifférence croissante de notre société et face à un monde qui se dit désillusionné, nous avons décidé d’agir. La citoyenneté, c’est avant tout veiller les uns sur les autre, car nous appartenons toutes et tous à la même communauté.

Ensemble, en tant que citoyens, les membres de Jeunesse S’engage vont à la rencontre des plus démunis, dans les rues de la ville.

En proposant une boisson chaude, de la nourriture, des vêtements, des produits hygiéniques, mais aussi des adresses utiles et de la chaleur humaine ; en renouant la chaîne de la solidarité entre humains, modestement, nous voulons éveiller les consciences, et agir concrètement en aidant du mieux possible.

L’objectif premier est de venir en aide concrètement. Nous apportons café, thé, soupe chaude, sandwichs, pizzas : l’idée, c’est que chacune et chacun apporte un petit quelque chose, participe à la hauteur de ses moyens, ou quelque chose qu’il aura fait lui-même. Mais nous distribuons aussi des produits d’hygiène, des vêtements, des cartes avec des lieux utiles. Nous essayons surtout d’écouter, de parler, de rire : nous appelons ça la solidarité effective. Chacun apporte un peu de ce qu’il a et de ce qu’il est, et nous ne demandons à personne de financer nos actions.

Le second objectif, lié intimement au premier, est de consigner ce que nous faisons et les gens que nous aidons – très modestement : ainsi, nous réfléchissons, au sein de L’École des Savoirs, au pourquoi du regain énorme de la pauvreté extrême en France ; et nous y apportons des propositions globales. Le but est également de créer et de mettre en place des processus permettant à des personnes, rencontrées dans nos rues, d’en sortir.


Car la citoyenneté, c’est avant tout veiller sur les autres, nous agissons de façon régulière chaque semaine, non pas par l’assistanat, mais par l’entraide et la solidarité.

Témoignage de Maraudeur

« Ça va ? »

Une question banale qui me prit de court. Demandé par Alain, la soixantaine, allongé sur une grille de métro en plein milieu de la rue de Rivoli un mercredi soir, aucune réponse ne semblait appropriée. Cet homme est l’un des quinze sans-abris que nous avons abordé lors d’une maraude fin janvier. Une maraude, c’est marcher dans la rue à la rencontre de personnes dans le besoin. Offrir de la nourriture, des vêtements, de la compagnie pour cinq minutes ou une heure. Mais c’est avant tout une rencontre humaine de bienveillance mutuelle.

Notre périple commence quelques mètres à peine après s’être réunis à notre lieu de rendez-vous. Une famille roumaine – un père, une mère et leur fille – appuyée sur la devanture d’un McDonald’s. Malgré la barrière de la langue, ils nous ont confié être arrivés quatre mois auparavant en France et attendent le printemps avec impatience.

Plus loin, nous nous accroupissons pour parler à Alain. Il nous récite quelques vers du Laboureur et ses Enfants, et s’offusque lorsque nous confessons ne pas les connaître. Ses jambes le malmènent. « J’ai eu un accident spécial, le genre d’accident où soit tu pars loin soit tu survis. » Nous sommes rejoints un instant plus tard par Patrick, qui s’arrête pour nous demander une boisson chaude. « Il parle beaucoup », me dit Alain, « c’est un philosophe. » En effet, Patrick est en train d’écrire un livre sur les sans-abris. Je n’ai pas eu la chance de l’écouter déclamer ses tirades et son amour pour Flavie Flament car Alain, allongé au sol, me sollicitait sans cesse pour me parler. Je lui demande s’il connaît les autres sans-abris du quartier. « Ils sont durs », m’explique-t-il, « moi je le suis pas, et quand on me vole, à peine je le remarque qu’ils sont déjà à 500 mètres ! C’est des malins » continue-t-il en riant. Faiblissant des jambes, je me relève pour écouter Patrick. « 1+1=3 ! », me dit Alain. Je m’accroupis de nouveau. Je n’ose pas le contredire. « Vous êtes sûr ? » « Oui, un couple – un homme, une femme – ça fait 1+1=3 ! » Je finis par comprendre et rétorque « Parfois ça fait 4 ! ».

Place du Palais Royal, nous rencontrons Ali et Francis. Le jeune Ali est colombien, habillé en Abercrombie & Fitch. Francis se plaint de son voisin : « Il est arrivé récemment, il aime bien hurler à 3 heures du mat’ » ; puis s’attarde à en savoir plus sur nous. Ensuite, nous lui présentons un caleçon rose fluo, qu’il décline en riant : « C’est la première fois qu’on m’en propose ! ». Sur la même place, nous abordons un groupe de quatre personnes : deux Français, un Colombien et un Britannique. Un des français accepte finalement le caleçon rose. « Vous voulez des biscuits ? » Les yeux du Colombien s’illuminent : « WHISKY ? ». S’ensuit un fou rire général.

Malgré ces bons moments passés, je sais bien que notre action n’est qu’un soulagement occasionnel en attendant de réels changements structurels ; et ils existent ! Le programme Un chez-soi d’abord a été mis en place de 2011 à 2016 dans quatre métropoles françaises avec pour ambition d’offrir un logement à ceux qui n’en ont pas. Ils sont malins, me dirait sûrement Alain. Preuve en est, en une dizaine d’années, le programme original Housing First a réduit de 72% les personnes à la rue dans l’Utah (États-Unis). L’état a ainsi remarquablement économisé des millions de dollars en diminuant les aides pour les sans-abris restants. Pour en savoir plus sur Un chez-soi d’abord : http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2016/06/4_pages_ucsdb_avril_2016_mise_en_page.pdf

Thalie Luong

Distribution : 

Vêtements et produits hygiéniques  : slips, couvertures chaudes, parkas, pulls, pansements, désinfectant, serviettes hygiéniques, savons.
Nourritures : sandwichs, gâteaux, café, thé, de la bonne soupe chaude, tarte au fromage, boites de conserve…
Informations utiles : Plan, services sociaux et structures d’hébergement d’urgence.

L’équipe de Jeunesse S’engage : Thalie, Roxanne, Olivier

Pour les dons de vêtements, nous remercions chaleureusement Ludovic, Perrine, Séverine, Nora, Sylvie, Erwan, Mathilde, Émilie, Farid, Sandrine, Élisabeth, Dominique, Nafissa, Marie, Guillaume.

Pour les dons de produits hygiéniques, nous remercions chaleureusement tous les généreux donateurs qui, par leur contribution lors de notre collecte du 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des Femmes, témoignent d’une solidarité concrète.

Résolument, semaine après semaine nous agissons, car nous disons qu’« après la philosophie, il faut l’Action »

Pour aller plus loin :

En savoir plus

Personnes à contacter
Responsables Maraude citoyenne Paris
 Olivier – 06 19 46 20 91 – olivier.saunier@jeunessesengage.fr

 

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