Maraude collégienne citoyenne — « Un temps pour tout » [Montpellier]

Maraude collégienne citoyenne — « Un temps pour tout » [Montpellier]

Il vient un temps où protester ne suffit plus ;
Après la philosophie, il faut l’action

C’était la dernière maraude de l’année avec les collégiens de l’Assomption. Nous sommes très heureux d’avoir pu réalisé ces actions avec des jeunes de 14/15 ans, déjà soucieux de ce qui fait le ciment d’une société civilisée : la solidarité.
Depuis plus d’un an et demi, nous arpentons ensemble les rues de Montpellier, afin de sensibiliser les jeunes à la question sociale. Ceux-ci se révèlent, toujours, très naturels dans leur démarche et sincères dans leur action. Les grandes choses ne se font pas du jour au lendemain : nous construisons ensemble une action qui portera ses fruits plus tard, et qui est utile dès aujourd’hui aux personnes démunies rencontrées.
Plusieurs fois, spontanément, les jeunes ont organisé des collectes de produits importants pour les personnes n’ayant que peu de moyens. Ils cuisinent à chaque fois avec amour les repas. Et plus important encore : ils se questionnent pour que ces situations, qui empirent depuis les années 2000, soient un jour de l’histoire ancienne.
 
Un grand merci à eux, pour l’espoir qu’ils portent. Et un grand merci à l’ensemble du personnel éducatif du collège, qui a su encourager et développer ce partenariat, sur l’idée originale de Virginie de Haldat.
Nous continuerons nos actions dès la rentrée, avec de nouvelles réflexions et des idées nouvelles, pour, petit à petit, changer les choses vers la vision que l’on se fait de la société : une société digne, fraternelle, capable de trouver des réponses durables à la question sociale qui ne soient pas des réactions épidermiques, mais des visions : des visions de la société de l’Homme telle que nous la voulons.
Car pour Jeunesse S’engage, tout part d’une vision que l’on se fait de la société telle qu’elle doit être. Seulement, nous ne nous arrêtons pas au constat, et nous agissons à notre échelle, ce qui permet de mettre des pansements, de nous renforcer et d’acquérir une expertise de terrain.
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Face à l’indifférence croissante de notre société et face à un monde qui se dit désillusionné, nous avons décidé d’agir. La citoyenneté, c’est avant tout veiller les uns sur les autre, car nous appartenons toutes et tous à la même communauté.

Ensemble, en tant que citoyens, les membres de Jeunesse S’engage vont à la rencontre des plus démunis, dans les rues du centre ville. Cette semaine, c’était la maraude citoyenne avec les élèves et des accompagnants du collège de l’Assomption à Montpellier.

Faire participer des élèves de 3ème à une maraude citoyenne, dans les bas-fonds de la ville, cela a beaucoup de sens pour nous. Cet acte est modeste, mais il n’est pas anodin. Aller à la rencontre des plus démunis de nos concitoyens, quand on a 14 ans, c’est un geste d’une grande profondeur humaine. Nous pensons que le monde ne pourra aller mieux qu’avec un nouvel élan, avec un supplément d’âme. Réinventer le monde de demain commence aujourd’hui, et les très jeunes sont en première ligne.

Les jeunes ont besoin d’agir et de créer. La société ne semble pas leur proposer autre chose que consommer, y compris des biens immatériels qui, jusque-là dans l’histoire de l’homme ne servaient pas à cela. Il faut donc proposer aux jeunes une forme, mais aussi un fond nouveau, alternatif par certains aspects, qui leur permettra de redonner du sens, en attendant de trouver leur place.

Ces jeunes ne sont pas encore des citoyens, mais ils le seront dans quelques années. Aussi, c’est notre devoir d’aîné de leur faire découvrir la réalité dans toute sa beauté et toute sa dureté, c’est notre devoir d’aîné de leur faire comprendre qu’un droit ne pas sans un devoir, que des personnes honnêtes et courageuses peuvent tomber, et qu’une société humaine digne de ce nom doit être là non pour blâmer, mais pour aider et permettre à une femme, à un homme, de retrouver sa dignité d’être humain, étape nécessaire pour une “réinsertion”.

On n’est jamais trop jeune pour accomplir ce genre d’action concrète, au contraire : pour affronter les grandes épreuves qui se préparent, le salut sera dans la générosité héroïque, dans l’habitude constante de ne pas fermer son coeur, dans la ferme volonté de résoudre les problèmes par le haut, et de redonner, enfin, tout leur sens aux valeurs et aux principes qui présidèrent à la fondation de notre grande communauté humaine.

Bien évidemment, cette action est une goutte d’eau. Mais nous croyons intimement que l’Acte est fondateur et libérateur. C’est-à-dire que l’Acte permet de créer un élan positif et concret, et ensuite de frapper d’autres imaginations pour les inciter, sans injonction, à agir à leur tour. Beaucoup de ceux qui changèrent le monde partirent de rien, mais ils surent conserver intacte en eux leur espérance et leur croyance en ceci : le bien-fondé d’une grande cause qui les dépasse, et qui ne pourra advenir s’ils ne s’en mêlent pas. D’où leur légitimité a posteriori…

Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme…


En proposant une boisson chaude, de la nourriture, des vêtements, mais aussi des adresses utiles et de la chaleur humaine ; en renouant la chaîne de la solidarité entre humains, modestement, nous voulons éveiller les consciences, et agir concrètement en aidant du mieux possible.

L’objectif premier est de venir en aide concrètement. Nous apportons café, thé, soupe chaude, sandwichs, pizzas : l’idée, c’est que chacune et chacun apporte un petit quelque chose, participe à la hauteur de ses moyens, ou quelque chose qu’il aura fait lui-même. Mais nous distribuons aussi des produits d’hygiène, des vêtements, des cartes avec des lieux utiles. Nous essayons surtout d’écouter, de parler, de rire : nous appelons ça la solidarité effective. Chacun apporte un peu de ce qu’il a et de ce qu’il est, et nous ne demandons à personne de financer notre actions.

Le second objectif, lié intimement au premier, est de consigner ce que nous faisons et les gens que nous aidons – très modestement : ainsi, nous réfléchissons, au sein de L’École des Savoirs, au pourquoi du regain énorme de la pauvreté extrême en France ; et nous y apportons des propositions globales. Le but est également de créer et de mettre en place des processus permettant à des personnes, rencontrées dans nos rues, d’en sortir.


Car la citoyenneté, c’est avant tout veiller sur les autres, nous agissons de façon régulière chaque semaine, non pas par l’assistanat, mais par l’entraide et la solidarité.

Témoignages de maraudeur

Un temps pour tout

                  Elevé avec des valeurs chrétiennes, certes belles, mais toutefois un peu frileuses, j’ai appris à voir qu’il est possible d’aider l’autre sans prendre des risques considérables. Mais je ne pensais pas qu’une maraude avec des collégiens d’un collège privé serait réellement utile, je m’attendais honnêtement à voir des gens faire un devoir de chrétien frileux. Hé bien je me suis bien trompé. A la maraude de vendredi dernier, j’ai vu des collégiennes réellement avenantes, avec bien sûr la timidité et la réserve de leur âge, mais qui venaient par conviction et non par devoir.

C’est pourquoi je me rends compte avec les maraudes que nous sommes surement en train d’agir de façon bien plus grande que notre action laisse à penser. Voir certaines personnes dans la rue qui sont ouvertes sans appréhension à la discussion avant même de savoir qui nous sommes, c’est la preuve que nous sommes capables de confiance. En voir d’autres reculer face à nous de peur que nous ne leur voulions du mal, c’est la preuve d’un dysfonctionnement. En voir d’autres fermées, attristées ou peut être déçues à cause de notre système, c’est la conséquence de ce dysfonctionnement. Mais en perçant la glace, on se rend compte que ce sont des personnes qui veulent s’en sortir, qui ont une volonté propre, et qui, si on leur fait confiance et que nous les considérons en égaux, seraient capables de devenir des citoyens actifs. Il ne s’agit pas de désigner des méchants ou des gentils, de qui a commencé, de savoir seulement si il y a des méchants ou des gentils. Il faut aujourd’hui absolument renouer le dialogue entre les différentes parties de la société car il y a un temps pour tout.

                  Il y a un temps pour la peur et la méfiance, ce temps pour se demander si ce sont des gens fiables, ce temps pour hésiter avant de donner une chance. C’est un temps infertile, qui n’a pour effet que de laisser croître des corps antagonistes dans une même société. Il y a en bas de chez nous un corps de misère qui se meut, fantôme effrayant et putride, reflets d’échecs de certains et pas toujours des victimes. Il avale petit à petit les plus petits qui disparaissent et que nous ne voyons plus que par le prisme de cette masse effrayante. Et il y a d’un autre côté des hommes qui se rehaussent sur des échasses pour ne pas être attrapés et avalés par cette misère. Cet écart qui se creuse coupe les relations entre ces corps qui sont pourtant étroitement mêlés, et cet écart est la source d’une méfiance voire d’une défiance. Ainsi, petits du monstre putride et grands de ce monde se retrouvent noyés dans l’océan d’une société silencieuse qui baisse les yeux sans agir jusqu’à ce qu’éclate la tempête destructrice.

Mais face à l’urgence, face à la multiplication des demandeurs, au nom d’une stabilité sociale concrète possible, nous ne pouvons plus prendre ce temps où nous nous posons des questions chacun dans notre coin.

                  Il est temps désormais d’agir et de prendre des réflexions et des décisions concrètes. Tout cela doit venir de part et d’autre de la société. Pour nous, personnes qui ne sommes pas dans le besoin, il s’agit d’agir en aidant matériellement autant que nous le pouvons : de la nourriture et de l’eau, cela ne suffit plus. Des adresses, des contacts, de l’ouverture à la discussion voire même à l’amitié, voilà ce qui permettra à nos concitoyens qui le souhaitent de retrouver une vie active dans notre société. Mais il faut que cette aide soit reçue, acceptée. Il faut cesser ce climat de défiance et de méfiance l’un envers l’autre, et que chacun nous puissions nous regarder, en citoyens, sans mettre à l’abri ce qui nous est précieux de peur que celui qui est en face ne nous le vole. Enfin il faut un dialogue ouvert et franc entre les parties de la société. Nous sommes interdépendants dans l’énergie de la paix sociale, ne soyons pas naïfs ou prétentieux au point de croire que nous sommes capables de trouver seuls des solutions pour ceux qui ne vivent pas dans les mêmes conditions que nous.

                  Agir avec Jeunesse S’engage c’est agir dans ce sens. Continuer à bâtir en oubliant ou en écartant une partie de nos concitoyens c’est nous amputer d’un membre, et nous aurons besoin de nos deux bras, de nos deux jambes et de notre tête pour bâtir une société apaisée et saine.

                  Il est l’heure d’agir pour ressusciter le fantôme que nous croyions perdu et de descendre de nos échasses pour bâtir une société à forme et à taille humaine.

Bastien G

Résolument, semaine après semaine nous agissons, car nous disons qu’« après la philosophie, il faut l’Action »

Pour aller plus loin

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La maraude citoyenne

Je participe

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La maraude citoyenne en photo

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