Maraude collégienne citoyenne — « Une nouvelle théorie de l’évolution » [Montpellier]

Maraude collégienne citoyenne — « Une nouvelle théorie de l’évolution » [Montpellier]

Il vient un temps où protester ne suffit plus ;
Après la philosophie, il faut l’action

Maraude citoyenne auprès des sans-abri, avec les jeunes collégiens de l’Assomption à Montpellier

Depuis plus de 3 ans, nous arpentons ensemble les rues de Montpellier, afin de sensibiliser les jeunes à la question sociale. Ceux-ci se révèlent, toujours, très naturels dans leur démarche et sincères dans leur action. Les grandes choses ne se font pas du jour au lendemain : nous construisons ensemble une action qui portera ses fruits plus tard, et qui est utile dès aujourd’hui aux personnes démunies rencontrées.
 
Un grand merci à eux, pour l’espoir qu’ils portent. Et un grand merci à l’ensemble du personnel éducatif du collège, qui a su encourager et développer ce partenariat, sur l’initiative de Virginie de Haldat.
Nous continuons nos actions avec de nouvelles réflexions et des idées nouvelles, pour, petit à petit, tendre vers l’idéal que l’on se fait de la société : une société digne, fraternelle, capable de trouver des réponses durables à la question sociale.
Car pour Jeunesse S’engage, tout part d’une vision que l’on se fait de la société telle qu’elle doit être. Seulement, nous ne nous arrêtons pas au constat, et nous agissons à notre échelle, ce qui permet de mettre des pansements, de nous renforcer et d’acquérir une expertise de terrain.
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Face à l’indifférence croissante de notre société et face à un monde qui se dit désillusionné, nous avons décidé d’agir. La citoyenneté, c’est avant tout veiller les uns sur les autre, car nous appartenons toutes et tous à la même communauté.

Ensemble, en tant que citoyens, les membres de Jeunesse S’engage vont à la rencontre des plus démunis, dans les rues du centre ville. Cette semaine, c’était la maraude citoyenne avec les élèves et des accompagnants du collège de l’Assomption à Montpellier.

Faire participer des élèves de 3ème à une maraude citoyenne, dans les bas-fonds de la ville, cela a beaucoup de sens pour nous. Cet acte est modeste, mais il n’est pas anodin. Aller à la rencontre des plus démunis de nos concitoyens, quand on a 14 ans, c’est un geste d’une grande profondeur. Nous pensons que le monde ne pourra aller mieux qu’avec un nouvel élan, avec un supplément d’âme. Réinventer le monde de demain commence aujourd’hui, et les très jeunes sont en première ligne.

Les jeunes ont besoin d’agir et de créer. La société ne semble pas leur proposer autre chose que consommer, y compris des biens immatériels qui, jusque-là dans l’histoire de l’homme ne servaient pas à cela. Il faut donc proposer aux jeunes une forme, mais aussi un fond nouveau, alternatif par certains aspects, qui leur permettra de redonner du sens, en attendant de trouver leur place.

Ces jeunes ne sont pas encore des citoyens, mais ils le seront dans quelques années. Aussi, c’est notre devoir d’aîné de leur faire découvrir la réalité dans toute sa beauté et toute sa dureté, c’est notre devoir d’aîné de leur faire comprendre qu’un droit ne pas sans un devoir, que des personnes honnêtes et courageuses peuvent tomber, et qu’une société humaine digne de ce nom doit être là non pour blâmer, mais pour aider et permettre à une femme, à un homme, de retrouver sa dignité d’être humain, étape nécessaire pour une “réinsertion”.

On n’est jamais trop jeune pour accomplir ce genre d’action concrète, au contraire : pour affronter les grandes épreuves qui se préparent, le salut sera dans la générosité héroïque, dans l’habitude constante de ne pas fermer son coeur, dans la ferme volonté de résoudre les problèmes par le haut, et de redonner, enfin, tout leur sens aux valeurs et aux principes qui présidèrent à la fondation de notre grande communauté humaine.

Bien évidemment, cette action est une goutte d’eau. Mais nous croyons intimement que l’Acte est fondateur et libérateur. C’est-à-dire que l’Acte permet de créer un élan positif et concret, et ensuite de frapper d’autres imaginations pour les inciter, sans injonction, à agir à leur tour. Beaucoup de ceux qui changèrent le monde partirent de rien, mais ils surent conserver intacte en eux leur espérance et leur croyance en ceci : le bien-fondé d’une grande cause qui les dépasse, et qui ne pourra advenir s’ils ne s’en mêlent pas. D’où leur légitimité a posteriori…

Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme…


En proposant une boisson chaude, de la nourriture, des vêtements, mais aussi des adresses utiles et de la chaleur humaine ; en renouant la chaîne de la solidarité entre humains, modestement, nous voulons éveiller les consciences, et agir concrètement en aidant du mieux possible.

Témoignages de maraudeur

D’une maraude l’autre.

La pauvreté et la misère sont en théorie mais aussi en pratique deux réalités radicalement différentes. La première pourrait se définir par l’absence du superflu alors que la deuxième serait en réalité caractérisée par l’absence du nécessaire.
Alors pourquoi diable trouvons-nous dans nos démocraties représentatives des êtres humains sans toits, sans nourriture, abandonnés par la société, mais paradoxalement bien visibles aux yeux de tous? La réponse est sans doute à chercher dans le mode de production capitaliste, générateur d’indifférence, d’atomisation des individus et donc d’individualisme névrotique.

Cachez moi donc cette misère que je ne saurais voir! Tous les jours, dans nos rues, dans nos quartiers, nous croisons dans des villes gargantuesques de pauvres hères, recroquevilles sur les trottoirs, dont les injonctions pécuniaires nous mettent mal à l’aise et produisent dans nos esprits des questionnements existentialistes. Cette routine est devenu, par habitude et conditionnement, quelque chose de «normal».
Malgré cette fatalité, en France, et en particulier à Montpellier, des gens de bonne volonté s’engagent dans des actions de solidarités, par le biais de diverses associations plus ou moins structurées, en organisant notamment ce que l’on nomme des maraudes citoyennes.
Ces maraudes ont , selon moi, moins pour but de fournir une aide matérielle que de frapper les esprits des passants en leur donnant à voir quelque chose d’«archaïque» au sein de l’espace urbain: l’entraide.
Par par ces actions de terrain, au regard de tous, les personnes nécessiteuses redeviennent en quelque sorte visibles, prégnantes, et ces grands espaces urbains generateurs d’indifférenciation redeviennent le temps de quelques mots, de quelques sourires, des lieux ou règne l’entraide.
Il est évident pour moi que le simple fait de montrer ces initiatives citoyennes produira à terme une prise de conscience; qui n’a pas en effet remarque que ces maraudes attirent le regard, génèrent de la curiosité et même amènent les gens à poser des questions.
D’aucuns nous retoquerons peut-être qu’aujourd’hui la situation n’est simple pour personne, que ces gens demandant l’aumône n’ont qu’a chercher du travail, n’ont qu’a se prendre en mains et surmonter les difficultés; et beaucoup prendront comme argument leur situation personnelle, probablement précaire puisque le chômage est aujourd’hui structurel.

L’évolution (…) a pour moteur les habitudes sociales telles que la coopération et l’entraide

Alors oui, effectivement, je suis d’accord avec eux, mais ces réflexions ont pour vecteur la forme et non pas le fond de ce qu’une maraude signifie fondamentalement. Le sens profond d’une maraude ou de toutes autres initiatives citoyennes du même acabit est de recréer un «être collectif», de réchauffer les eaux glacées du calcul égoïste, et donc d’aller à contre courant de la dynamique individualiste qui ronge notre pays depuis bien longtemps.

Pour conclure mon propos, j’aimerais indiquer aux curieux l’existence de Pierre Kropotkine, penseur anarchiste Russe mort en 1921, qui dans son ouvrage «L’Entraide, un facteur de l’évolution», avance l’hypothèse selon laquelle l’évolution n’aurait pas pour moteur la compétition pour la vie («struggle for life ») mais bien au contraire des habitudes sociales telles que la coopération et l’entraide.

Camille

Résolument, semaine après semaine nous agissons, car nous disons qu’« après la philosophie, il faut l’Action »

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La maraude citoyenne en photo

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